Godot a fait des émules. Beaucoup de pièces contemporaines reprennent ce thème des personnages off-stage, absents du plateau mais très présents dans la pièce. Soit que les auteurs veuillent réduire
le personnel sur scène (« Crimes of the Heart » de Henley), soit qu'ils axent leurs pièces sur un absent omniprésent (« Drunken city » de Bock). Ce peut être quelqu'un de mort
(« Homecoming » de Pinter; « La chatte sur un toit brûlant » de Williams), ou de mourant (« Crimes »), une victime(ou pas?) dans « Doubt: a Parable » de
Shanley ou bourreau (« Speech and Debate » de Karam), ou une personnalité si complexe qu'il vaut mieux l'imaginer que l'incarner. Les acteurs et les spectateurs sont alors obligés
d'inventer leur propre personnage et de s'adresser à lui ou elle de façon très intime, personnelle. Certains metteurs en scène ou auteurs donnent des indices à leurs acteurs (Spallen for
« Pumpgirl »). La plupart préfèrent ne pas répondre pour que l'absent ait une personnalité riche et diverse.