Quatuor Belà: Frédéric Aurier (violon), Julien Dieudegard (violon), Julian Boutin (alto), Luc Dedreuil (violoncelle), Marc (console technique)
Programme
John OSWALD, « Spectre » pour quatuor et bande
György LIGETI quatuor n° 2, 3e et 5e mouvements
Anonyme ancien, ré-arrangé par le Quatuor Béla
George CRUMB « Black Angels »
Mats EDEN, quatuor n° 1, 3e mouvement
Erkki-Sven TUUR, quatuor n° 1, 1er mouvement
Benjamin BRITTEN, quatuor n°1, 1er mouvement
Les 4 musiciens ne se sont pas contentés d'un mini-concert, ils nous ont commenté les oeuvres, leur travail et nous ont communiqué leur amour de la musique contemporaine. Leurs 4 instruments étaient électrifiés afin de rendre plus audible les calmes et les effts de la musique mais aussi afin de faire des effets de réverbération et d'amplification (le 5ème musicien, Marc, était à la technique).
Des extraits de leur programme
John Oswald "Spectre"
http://www.plunderphonics.com/
Etrange pièce où les archets glissent de plus en plus fort (désolée je n'ai pas le vocabulaire technique!) puis se fondent dans un "bruit" de plus en plus assourdissant comme si des milliers d'archets prenaient le relais. C'est un accroissement du spectre, il n'y a pas de hauteur tonale et des variations infimes. Puis le calme revient et les musiciens font des arpèges en pizzicati, qui m'ont rappelé la musqiue des balafons africains (mais bon, c'est personnel).
Ligeti, 2ème quatuor
http://brahms.ircam.fr/index.php?id=2062
Les cordes sont heurtées avec la main droite puis l'archer vient effleurer les cordes dans un mouvement aérien. Le morceau se termine par des pizz. Cela donne parfois l'impression de balle de ping-pong qui rebondirait erratiquement. Julian nous donne l'image de machines qui déraillent, de monstres engendrés par la musique. Ligetti parlait de morceaux "proches de l'injouable". les musiciens parlent de mise en danger, de suppression des repères de la tradition.
L'autre morceau est marqué par l'écrasement des cordes (des crins d'archet volent en tout sens), un rythme saccadé, une éfureur extrême". Même les thèmes où les musiciens ppourraient se retrouver sont joués très vite, sans repos. Luc nous précise que le plus difficile est de revenir au calme (il y a 10s de silence obligatoire inscrites dans la partition) après cette fureur. Il faut que musiciens et auditeurs fassent un effort pour se retrouver dans une communion précieuse. Julian compare cela au roman "Le Silence de la mer" de Vercors.
George Crumb "Black Angels"
http://www.georgecrumb.net/comp.html
http://brahms.ircam.fr/index.php?id=995
Pièce composée symétriquement en 13 morceaux où le Mal gagne jusqu'à la destruction finale du 7ème morceau puis vient la renaissance (résurrection?). Ce compositeur oeuvre lors de la guerre du Vietnam, d'où l'aspect tragique de sa musique et des accents presque asiatiques.
1er morceau "la nuit des insectes électriques" avec des archets fous qui brounzinnent en tournant autour de nous. Voir les musiciens est fascinant car ils bougent aussi beaucoup!
2ème: "son d'ossement et de flûte"
3ème: "cloches perdues"
Brouhaha, puis les musiciens jouent avec le dos de leur archer (frappé et frotté), avec des harmoniques aiguës. Julian tape sur la caisse de son alto, d'autres jouent derrière le chevalet et obtiennent des sons crissants. Puis Frédéric et Luc prennent des maracas et font des pizz en secouant ces instruments.
Le Dies Irae est cité, le solo de violon est appelé Devil Music en référence au caractère diabolique de cet isntrument au Moyen-Age et jusqu'au XIXème siècle. Le compositeur emploie des intervalles de triton (diabolus in musica: quarte augmenté ou quinte diminuée) et des trilles. Des chiffres en hongrois sont dits par plusieurs musiciens ensemble comme des incantations, des allusions à Babel (et au désordre qui s'ensuivit?).
6 au 8ème: les anges de la fin des temps (Erynies? me souffle Mme Oriol). La jeune fille et la mort de Schubert est citée avec des sonorités de viole de gambe (violons et alto pris entre les jambes, archer au-dessus de la main gauche, violoncelle pris à l'envers), les insectes du premier mouvement sont de retour.
10 à 13ème: "God music" avec des verres remplis d'eau joués à l'archer ou à la baguette, instruments pris comme des guitares et joués avec le bottle neck ou des dés à coudre!
Voici quelques notes pour donner envie (?) aux autres! Je crois que les musiciens ont raison: cette musique n'est pas qu'intellectuelle, elle parle surtout aux sentiments et provoque chez celui qui veut bien communier avec la musique des émotions très forte.
Bon, c'est un peu le serpent qui se mord la queue puisqu'ils citent le blog mais il y a des images et de la vidéos: http://www.quatuorbela.com/spip.php?article17

Haut de page