Ernest Pignon-Ernest se sert des cabines téléphoniques des villes de Lyon et Paris pour installer ses personnages dessinés dans des positions particulières, qui ne semblent pas à l'aise. Les dessins sont en noir et blanc mais très réalistes, expressifs et à l’échelle 1 presque en trompe l’œil. Ce projet a été conçu pour deux lieux et pour un support très particulier et unique : les cabines téléphoniques (support) des villes de Lyon et Paris (lieux). Les passants sont interpellés voire dérangés par ces personnages en souffrance que les personnages laissent transparaître. C'est assez déstabilisant puisque c'est un réel effet d'optique, on croirait vraiment voir des personnes souffrantes dans ces cabines. Cette œuvre est une installation éphémère car le papier est fragile. Comme les affiches, les dessins avec le temps, les intempéries vont se décoller, se déchirer, s’estomper peu à peu puis disparaître totalement … C'est un art urbain qui fini par s'autodétruire. Il restera une trace photographique de cette installation. Cette œuvre est une installation engagée car Ernest Pignon-Ernest dénonce les inégalités et les exclusions sociales, l’indifférence. Les dessins s’intègrent dans la ville (réalisme des positions des personnages debout, prostrés) mais interpellent les passants. Ils mettent en avant les laissés pour compte de la société, les SDF, les expulsés, les chômeurs … Ernest Pignon-Ernest décrit lui même son œuvre comme une façon de saisir l'âme d'un lieu, sa puissance. C'est un travail d'encadrement et de point de vue, un projet en perspective.



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