Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Nuit et Brouillard de Jean Ferrat

par Maeva et Jodie 26 Septembre 2013, 02:00

Jean Tenenbaum (dit Jean Ferrat) est un chanteur/compositeur francais d’origine juive né d’un père russe et d’une mère francaise.

Il ne fut pas déporté mais son père en revanche le fut. Il mourut lors de son arrivée à Auschwitz. Jean fut marqué par cette disparition et par la fuite et la séparation de sa famille.

Il s’impliqua dans le travail de mémoire notamment grâce à cette chanson : « nuit et brouillard » datant de 1963.

ANALYSE :

Cette chanson évoque les conditions de vie des déportés, d’un voyage éprouvant vers une mort certaine.

Elle sort en 1963 dans un contexte particulier car en effet, dans ces années là, la France et l’Allemagne opèrent un rapprochement politique pour le bien de l’Europe encore fragile. Au niveau musical, le temps est à « l’insouciance », les artistes composent des musiques entraînantes et légères, comme pour oublier les années passées.
Dans ce contexte de réconciliation et d’insouciance, la chanson de Jean Ferrat crée une polémique. Elle est censurée à la radio et à la télévision mais passera quand même dans l’émission de télé Discorama.

On peut distinguer trois idées importantes dans le texte de cette chanson. La première est l’idée d’anonymat et la perte d’identité. On voit dans le premier couplet que l’artiste marque fortement le grand nombre de déportés avec une progression (Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers) qu’il répète en suite en miroir (Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent). On le voit aussi dans le deuxième couplet. Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres. En effet les hommes et les femmes déportés étaient privés de leurs identités. Ils étaient rasés et avaient un numéro tatoué sur leur bras pour être identifiés.

Il semble qu’à travers cette chanson, Jean Ferrat cherche à leur redonner une identité. Dans le quatrième couplet, les déportés ne sont plus « Ils », ils sont « Jean-Pierre », « Natasha » et « Samuel ». Jean Ferrat parle aussi de leurs confessions et de leurs convictions qui les ont amenés à se faire déporter « Certains priaient Jésus, Jéhovah ou Vishnou ».

A travers cette chanson, Jean Ferrat essaye de retranscrire la souffrance des déportés en utilisant un vocabulaire assez direct et sans fioritures : « Nus et maigres, tremblants », « leurs ongles battants », « peuvent-ils être heureux », « les veines de leurs bras soient devenues si bleues » ou « votre chair était tendre à leurs chiens policiers ». Il nous parle aussi de la lente perte de l’espoir : « Survivre encore un jour, une heure, obstinément combien de tours de roues, d’arrêts et de départs qui n’en finissent pas de distiller l’espoir ».

Enfin dans le septième couplet Jean Ferrat rappelle l’importance du devoir de mémoire sur un moment de l’histoire que l’on semble vouloir oublier au début des années 60. Dans le couplet suivant il interpelle même les censeurs de son message : « Mais qui donc est de taille à pouvoir m’arrêter ? »

Notre sentiment sur cette musique :

Cette chanson est très symbolique pour le patrimoine historique de la France. Il est important que les jeunes sachent ce qu’il s’est réellement passé et n’oublient pas les atrocités commises durant la guerre.

Nous avons trouvé cette chanson extrêmement violente mais réaliste et esthétique.

Elle a marqué les esprits et ne doit pas tomber dans l’oubli.

commentaires

Haut de page