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TermSpé: VALERIAN

par Anaïs 17 Décembre 2009, 14:32 travail

Les Cercles Du Pouvoir est une BD tirée de la série Valérian de Mézières. Ce tome est édité chez Dargaud et est paru en 1994.
Dans ce tome Valérian et Laureline atterrissent sur la planète Rubanis pour faire réparer leur vaisseau, mais ils n'ont pas assez d'argent. Ils vont devoir enquêter pour la police afin de couvrir les frais de réparation. Cette enquête consiste à découvrir qui détient le pouvoir dans cette mégapole où règne la pagaille.

La vision de la ville, dans cette BD est une caricature de la société actuelle. En effet elle est divisée en plusieurs "cercles" qui dépeignent la lutte des classes en enfermant une sorte de population dans des quartiers qui définissent leur mode de vie (c'est une sorte de dystopie du zoning progressiste).


Le premier cercle est celui de l'industrie lourde, c'est  donc le quartier du prolétariat. Les planches nous montrent une ville faite de bâtiments en tuyaux, canalisations, et cheminées, elle est grisâtre et rouillée, l'air y semble pollué voire irrespirable ce qui décrit bien sa fonction. La circulation tridimensionnelle (les voitures volent)  y est chaotique, les voitures ou plutôt les poids lourds (c'est quand même le quartier de l'industrie) ont l'air de jouer aux auto-tamponneuses. Ce quartier est une sorte de ghetto "en proie à une anarchie larvée" comme le colonel le dit si bien. C'est pour ce quartier que l'auteur prend parti, en introduisant un personnage sympathique, quoi qu'un peu rustre, qui joue un grand rôle dans l'histoire.

Le second cercle est celui des affaires, c'est donc le quartier du capitalisme. Ici on découvre des buildings en fer, en verre et en béton, ce qui donne des couleur gris-bleu qui nous rappelle la froideur du milieu et bien évidemment des grandes ville comme Tokyo ou New York. On ne voit jamais le sol mais on devine une architecture de dalles et de passerelles ce qui rend ce quartier vertigineux, de plus les gratte-ciels nous encerclent et donnent un sentiment d'enfermement. La circulation est beaucoup mieux organisée que dans le premier cercle, ici le chaos est due à la folie que l'argent engendre. En effet ils font exploser des bombes pour un oui ou pour un non, ou alors il y a des vagues de suicides collectifs dues à un krach boursier. Cela n'émeut personne et pire c'est même devenu quelque chose de tout à fait habituel, cette mort est déshumanisée et est qualifiée de "normale".

Le troisième cercle est censé être celui "des commerces, des amusements et des arts" mais c'est plutôt celui de la débauche. C'est le quartier le moins représenté de la BD, mais au peu qu'on en voit, les couleurs les plus présentes sont le rouge et le jaune. Les bâtiments n'ont pas l'air de dépasser les deux étages, leurs formes sont plutôt arrondies ce qui donne à ce quartier un petit coté psychédélique.

Le quatrième c'est celui "des grands prêtres, de la haute administration, de l'aristocratie". C'est en quelque sorte le quartier du clergé et de la noblesse mais ce n'est en aucun cas le sommet de la hiérarchie.  Ce quartier est entouré d'épaisses murailles, et semble être le plus vieux de la ville. Il semble avoir une grande inspiration art déco et cela tant au niveau de la décoration architecturale (avec le sol on ne peut plus lisse et brillant, les murs avec leurs immenses renfoncements de forme géométrique) que dans le mobilier, l'or et donc le luxe est aussi omniprésent dans ce quartier.

Et enfin le cinquième et dernier cercle est celui du pouvoir. Il est presque impénétrable (bien évidemment les héros vont réussir à rentrer). Il ressemble à une sorte de bunker en forme de dôme et est sûrement en métal, c'est une sorte de forteresse imprenable du futur. Des antennes dépassent à l'extérieur et lorsque l'on rentre à l'intérieur le bâtiment ressemble a un studio de télévision en ruine, il y a des sortes de caméras et d'immenses projecteurs (dans l'histoire, les ordres sont transmis par des sortes de télévisions et lobotomisent ceux qui les utilisent, la plupart sont ceux du quatrième cercle, ce qui critique bien la société actuelle de l'image balancée en masse, sans les clés pour la comprendre).


Mézières arrive avec cette ville à dépeindre une ville qui pourrait être universelle, en, bien evidemment, exagérant les défauts afin de faire prendre conscience aux lecteurs que nous ne vivons pas dans un monde idéal, mais que nous pouvons nous mobiliser afin d'essayer de l'ameliorer (ce qui est agréable avec la fiction, c'est que le bien triomphe toujours).
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