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Le Pont sur la Loue de Claude-Nicolas Ledoux

par Paul & Lucas 26 Mars 2012, 11:02 travail

    Esquissée et pensée dès 1773, modifiée et perfectionnée jusqu’à la fin de sa vie en 1806, la ville idéale de Chaux aura toujours été le rêve secret d’un architecte et urbaniste français : Claude-Nicolas Ledoux. Cette ville idéale mais fictive, située autour de la saline d’Arc-et-Senans (usine imaginée par ce même architecte quelques années auparavant à la demande du roi Louis XV), se trouvant à la campagne entre la rivière Loue et la forêt de Chaux, était symbole de perfection pour Ledoux puisque celle-ci comportait un centre elliptique (symbole même de cette perfection).

    Pour certains de ces bâtiments, Ledoux va employer une sorte d'architecture parlante et utopiste : la forme du bâtiment exprimant alors sa fonction. Il va décider d’intégrer ses bâtiments au mieux dans la nature et dans le paysage. Ledoux concevra alors nombre de bâtiments et infrastructures sur ce modèle dont le Pont sur la Loue, se situant aux abords de sa ville imaginaire de Chaux. Ce pont reflète cette volonté de la part de l’artiste à intégrer son bâtiment dans l’environnement. En effet, pourquoi ne pas faire flotter un pont sur l’eau plutôt que de le poser au fond de l’eau ; c’est du moins ce que veut nous exposer Ledoux (Il s’adapte à la nature et non le contraire bien que les embarcations soient purement décoratives et que le pont soit ancré dans le sol).

 

Pont sur la Loue Gravure

 

    Ce pont fut imaginé par Ledoux afin de franchir la rivière Loue, actuelle limite des départements français du Doubs et du Jura (Franche-Comté). Celui-ci le plaça à un endroit bien précis puisqu’il s’agissait alors de prolonger l’axe principal de la ville qui passait en son centre par la porte de la saline et la maison du directeur, par le plus grand diamètre de l’ellipse centrale. La rivière était alors le principal obstacle à cette route rectiligne de plusieurs kilomètres symbole ici encore de perfection aux yeux de l’urbaniste.

 Chaux

 

 

    Claude-Nicolas Ledoux développe alors un nouveau style s’inspirant des connaissances et de l’art de l’Antiquité gréco-romaine : le néoclassicisme. Sur l’idée d’habiller les piles de ce pont de bateaux, il rejoint un de ses confrère urbaniste visionnaire du XVIIIème siècle : Etienne-Louis Boullée, qui prévoyait de construire un pont similaire sur la Seine, à Paris : le pont Louis XV (idée restée au stade de projet).

    Désobéissant à toute raideur géométrique, à toute orthogonalité, ce pont composé de trois voûtes et de quatre piles semble voguer paisiblement sur la rivière. En effet, comme dit précédemment, Ledoux utilise une architecture dont la forme de l’édifice rappelle sa fonction. Pour cela, il pose le tablier de son pont sur quatre galères romaines semblant être destinées à la guerre (référence à l’Antiquité). En effet, on trouve un bélier à l’avant de chaque galère, quant aux personnes qui s’y trouve, ce sont des légionnaires romains qui portent les armes dont le casque de centurion (casque à crête) et le bouclier. On remarque aussi que les avirons sont sortis sur les côtés de chaque bateau, ainsi les hommes rament dans le sens inverse au courant pour maintenir le pont en place (Ledoux nous montre alors qu’il construit avec la nature et non contre celle-ci). L’avant des galères semble comporter une frise avec des triglyphes, les mats des embarcations sculptés en bas-reliefs sur les côtés du tablier du pont forment ses voûtes brisées : Ledoux habille le pont de sculptures en utilisant sa forme.

Pont sur la Loue Maquette 1

 

 Pont sur la Loue Maquette 2

 

 

     Ainsi, Ledoux souhaitait peut être à travers son œuvre intégrée à la nature (les navires de guerre se trouvant dans leur milieu aquatique) refouler les éventuels ennemis de sa ville idéale qu’il décrivait alors comme paisible. Les légionnaires romains veilleraient alors sur l’entrée de la cité de Chaux.

    Comme la plupart des bâtiments imaginés par Ledoux et comme tous ceux de sa ville utopique de Chaux, ce pont en resta au stade de projet dont l’urbaniste publia les plans et esquisses dans un livre en 1804.

 

 

 

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