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Biennale de Lyon

par Florine 17 Octobre 2007, 21:04 Les élèves ont aimé... ou pas!

Je voudrais parler de la Biennale de Lyon (http://www.biennale-de-lyon.org/bac2007/fran/) et de l'interdiction de certaines salles d'exposition aux mineurs.

Tout d'abord, il s'agit des deux grandes pièces d'exposition à la Sucrière des photographies de David Hamilton. Invité par Eric Troncy (le but du jeu de la biennale étant de convié "l'artiste ou l’œuvre qui occupe selon vous une place essentielle dans cette décennie"), le photographe anglais s'est fait une place parmi les grands de la photo contemporaine dès les années '70. Il est cependant très controversé pour sa technique et surtout pour ces clichés. Ces photographies de jeunes filles dénudées affrontant fièrement l'objectif dans une ambiance feutrée sont aujourd'hui considérées comme choquantes. Mais quant on en discute avec des personnes plus âgées qui ont connu cette époque, ils nous font part de constations tout bonnement intéressantes: si aujourd'hui cette salle est interdite aux mineurs et si Hamilton est vu comme un pédophile, hier on ne prenait pas avec autant de précautions son travail. Mon prof de photo qui a fait ses études à l'époque où Hamilton perçait ne comprend pas ce puritanisme et ces tabous. Les photographies d'Hamilton furent, oui, des clichés provocants de jeunes filles mais ils furent également les clichés d'une génération, d'un contexte.

On compare souvent Nan Goldin à Hamilton, elle est aux années 90 ce qu'est Hamilton est aux 60/70. Elle a dressé le portrait de sa génération, celle marquée par l'horreur de la découverte du sida. Il a quant à lui vécu à une époque dorée, ces photos offrant la vision d’un paradis perdu.

            Et puis il y a cette œuvre au Musée d'Art Contemporain de Tino Sehgal, un homme et une femme se relaie pour réaliser un strip-tease devant les visiteurs. Ses œuvres sont décrites comme  « fondées sur un protocole d’interprétation d’une série d’actions, dans un contexte donné, qui ne laissent aucune trace ni documentation. Ces pièces apparaissent comme la réalisation d’actes aux limites de l’étrange, du perceptible, très légèrement décalés par rapport aux attentes habituelles de la communication. Elles interrogent l’ensemble du dispositif de production, de reconnaissance et de transmission de l’art. » Un travail sur la relation au public interdit au public. L’interdiction aux mineurs est d’après les dires de notre vigile, digne des gorilles de boites de nuits, un parti pris de l’artiste. (Et l’on continue de se moquer de nous…).Il s’agit plutôt d’un parti pris des dirigeants, Stéphanie Moisdon la codirigeante qui a été mise en examen, en décembre 2006 pour "diffusion de messages à caractère pornographique pouvant être vus par un mineur" et "diffusion d'images à caractère pornographique d'un mineur".  Lors d'une exposition au CAPC de Bordeaux au titre évocateur, "Présumés innocents".

 

            Cependant, dans ce XXème siècle où n’importe quel enfant à accès à un internet chez lui, il faut se demander si le réel danger ne se trouve pas sur le net que dans le musée d’art moderne.

             Je vous conseille tout de même de vous rendre à Lyon si vous en avez l’occasion. Je pense qu’il faut privilégier la Sucrière.

Nous avons eu la chance d’avoir accès à l’expo d’Hamilton, la surveillance de la salle n’étant pas assurée. Mais, un autre jour, une connaissance n’a pu voir les œuvres.

Pour ce qui est de Sehgal, moins de 18, vous n’avez aucune chance. L’argumentation ne marche pas et oui, nous avons beau avoir bientôt nos 18 ans et être sensibilisés à l’art…

 La biennale se déroule du 9 septembre 2007 au 6 janvier 2008. Profitez en l'entrée et l'audio guide sont gratuits avec une certain carte m'ra.

 

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